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Rightbrain Magazine
Pour intégrer des personnes autistes dans une rédaction et une salle de montage, Oscar Tessonneau a fondé en 2024 un hebdomadaire d’information. Il revient sur ce qui l’a poussé à le créer et sur ce que le titre apporte aujourd’hui à ses lecteurs.
Oscar Tessonneau connaît de l’intérieur les dispositifs de l’école inclusive, pour y être passé.
« De longues heures de rééducation chez un ergothérapeute ou un psychomotricien, pour apprendre à écrire, à être propre et autonome, rythmaient mon quotidien », raconte-t-il.
Il sait aussi ce qui attend beaucoup de jeunes autistes à la sortie : des compétences réelles, peu de postes pensés pour eux et, trop souvent, l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Dans la presse, le constat est encore plus net, alors que les entreprises journalistiques sont capables d’accompagner ces futurs actifs. En juin 2024, il entend le démontrer en créant son auto-entreprise, la structure éditrice de Rightbrain Magazine. Quatre mois plus tard, le titre est accrédité à l’Élysée. Grâce au travail d’un référent handicap, vice-président de l’association, son fondateur reçoit également un soutien de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph).
Un cadre de travail adapté pour révéler les compétences
Sa méthode tient en quelques principes : des tâches courtes et séquencées, des consignes écrites sans ambiguïté et une adaptation au niveau de français de chaque rédacteur.
« À l’école, nos rédacteurs ont bénéficié d’un cadre structuré. Nous essayons de le prolonger au travail, parce qu’un salaire vaut mieux qu’une allocation », lui confiait récemment un moniteur d’établissement.
Cette bonne pratique dépasse le handicap : une consigne claire profite à toute une équipe, dans un métier où chaque publication doit être parfaitement claire pour être lue et appréciée.
Un hebdomadaire généraliste, des compétences multiples
Aujourd’hui, Rightbrain Magazine compte 100 % de travailleurs autistes. Il a le statut de travailleur indépendant handicapé (TIH), qui lui ouvre l’accès à certains marchés publics. Il peut aussi fournir des prestations à d’autres rédactions n’ayant pas encore atteint leur taux d’emploi de travailleurs handicapés. L’hebdomadaire paraît chaque semaine en version numérique, avec des rubriques France, International, Économie et emploi, Culture et Idées, complétées de reportages vidéo. La rédaction choisit ses sujets selon une règle simple : couvrir l’actualité de tous, en allant chercher les troubles du neurodéveloppement (TND), encore mal traités dans les rédactions.
Ses lecteurs sont des familles, des professionnels du médico-social, mais aussi des élus et des directions des ressources humaines. Pour une entreprise, abonner ses salariés revient à leur offrir un magazine généraliste fait par des autistes aux compétences variées.
Tous verbaux, ils assurent le codage et le référencement, la rédaction d’articles et le montage d’interviews, des travaux d’affaires publiques, de suivi législatif et de négociation sociale, des maquettes print qui les aident à surmonter leurs difficultés de repérage dans l’espace, et même de la guitare, pour composer des bandes-son tout en travaillant leur motricité.
Découvrez ci-dessous l'interview vidéo de Frédéric Cloteaux, délégué général du Manifeste Inclusion, réalisée par Rightbrain Magazine en octobre 2026 :